05 avril 2007

A LA DECOUVERTE DES PLANTES CARNIVAURES


Mon jardin, c’était toute la montagne.

Je m’y promenais accompagné de mes deux bergers, DOLLY et DOLLA. Je n’étais encore qu’un tout petit garçon, mais j’étais animé d’une curiosité dévorante.

(La petite famille avait quitté la région de DALAT pour la capitale du sud, SAÏGON, lorsque j’avais sept ou huit ans. Papa avait acheté son garage.)

 

Tous les jours, accompagné de mes deux compagnons, je partais en randonné dans les montagnes. Je me passionnais pour ces étranges plantes qui bougeaient. J’attrapais des fourmis ou des  termites pour avoir le plaisir de voir réagir la plante.

Les unes avaient de magnifiques vases rouges au bout de leurs feuilles ou bien une sorte de paire de feuilles avec de grandes épines et qui se refermaient sur leur proie comme une main griffue. Il m’étais arrivé d’ouvrir ces vases lorsqu’ils s’agitaient. Des plumes d’oiseau ou une queue de petit mammifère dépassait le couvercle du vase. J’en retirais la pauvre bête qui était en train de se noyer dans le liquide que contenait l’urne mortelle. A force de les observer, je comprenais que seul les urnes rouges attrapaient les oiseaux et que, lorsque l’oiseau y plongeait sa tête pour boire, son corps était aspiré par le vase mortel. Cette capacité d’aspirer, pour une plante verte, m’avait hanté des années. J’en avais parlé à notre cuisinière qui ne voulait pas me croire et qui plus est, refusait de venir voir. Je crois que mes histoire lui faisait peur.

La cuisinière adoraient me raconter des histoires terribles d’arbres qui attrapaient les promeneurs imprudents avec leur branches garnies d’épines. C’était à elle même qu’elle faisait peur et cela se voyait. Elle m’obligeait à l’accompagner partout, lorsqu’elle venait de me raconter une de ses histoires, sous prétexte qu’elle avait besoins de mes bras pour prendre quelque chose.

 

Mes redonnées me ramenaient toujours à la maison à l’heure du déjeuner ou du repas du soir. En fait, c’étaient les chiens qui me ramenaient. Ils mangeaient à heures régulières, ils savaient qu’à la maison, la cuisinière venait de remplir leurs écuelles.

 

un jour, les chiens m’avaient attrapés par les bras et me tiraient. Comme je n’avais pas l’intention de jouer, je cherchais à me dégager.Alors les chiens me mordaient vraiment. Je ne me rappelle pas très précisément ce que j’avais fait, c’était assez confus. Le chiens me traînaient par les vêtements en les déchirant. Lorsque nous arrivions en vue de la maison, il y avait pleins de gens. Maman et Tante, dés qu’elles m’apercevaient accouraient en criant et tout le monde suivaient. On m’entouraient en pleurant, certains avaient des fusils. Je ne comprenais que plus tard ce qui c’était réellement passé.

 

Je me rappelais surtout que les chiens avaient eu des tas de bonnes choses à manger. Depuis ce jour mémorable, la cuisinière et Tante parlaient aux chiens comme si c’étaient des humains.

 

Ce fameux jour qui avait pourtant commencé comme tous les autres jours, la cuisinière était très étonnée puis très inquiète de ne pas me voir revenir à l’heure avec mes compagnons. Pressentant une situation anormale, elle avait alerté nos voisins, des français qui habitaient une maison aussi grande que la notre. Maman et Tante étaient revenues immédiatement dés que ce voisin les eut contacté par téléphone. D’ordinaire, elles ne revenaient pas le midi. Les villageois avaient été appelés en renfort. Les montagnards, les MOÏS, avaient vu des traces de tigre dans le voisinage, mais, c’était chose courante. Nos voisins étaient des chasseurs avaient tout de suite pensé qu’un tigre m’avait attrapé. Des histoires racontaient que parfois, les tigresses ne dévoraient pas les enfants, du moins pas immédiatement. Il y avait donc une possibilité pour que je vivrais encore et qu’il fallait me retrouver au plus vite par une vaste battue où tout le monde devaient participer.

 

Les chiens m’avaient obligés, par la force, à faire un grand détour pour revenir à la maison. Les voisins avaient remontés mes traces avec leurs chiens et en avaient fait un récit détaillé à Tante. Ils avaient rapporté ma bicyclette abandonnée dans la montagne, loin de la route. J’avais bu les paroles des voisins. A leur stupeur, j’avais déclaré que j’aurais aimé rencontrer le tigre. Je n’avais aucune idée de que pouvait être un tigre, et la figurine qu’on m’avait montré représentait un adorable petit chat à rayures noires. A entendre ma Tante, ce chat avait la taille de plusieurs buffles ou d’un éléphant.

 

Dés le lendemain, je repartais en randonné comme si de rien n’était. J’allais moins loin cependant, par ce que Tante me l’avait demandé. ( une petite parenthèse, jamais Maman ou Tante ne m’avaient demandé de promettre. Ce détail, un très grand détail, je n’en avais conscience que bien plus tard, en France, au contact des petits français).

 

Mes compagnons de jeux, mes sauveurs, Papa avaient dû les empoisonner pour éviter qu’ils ne soient enlevés et mangé par les vietminh.

 

Posté par livre18 à 14:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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